
Effectuée par un médecin, la vaccination est le premier des gestes de prévention. Aussi le RSI participe-t-il à plusieurs campagnes de vaccination en informant ses assurés et en prenant en charge les dépenses correspondantes.
Contrairement à une idée reçue, la vaccination ne concerne pas seulement les enfants, mais aussi les adultes. Pour certains vaccins, il est important de veiller à effectuer les rappels nécessaires et de savoir si l'on est toujours à jour.
Voici donc tout ce qu'il faut connaître sur les vaccinations.
Apparue à la fin du 18e siècle (Jenner et le vaccin contre la variole), la vaccination s'est développée tout au long du 19e siècle (Pasteur et le vaccin contre la rage) et au début du 20e siècle. Elle a permis de réduire considérablement le nombre de maladies infectieuses. Ainsi, la variole a été éradiquée, autrement dit, a aujourd'hui disparu de la planète. C'est pourquoi la vaccination contre la variole, autrefois obligatoire, a pu être supprimée.
Mais toutes les maladies sont encore loin d'avoir disparu - même si la plupart d'entre elles ont reculé précisément grâce aux vaccins - et la vaccination protège toujours contre des maladies très graves comme la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite ou la tuberculose.
La vaccination protège aussi contre d'autres maladies en apparence plus bénignes, mais qui peuvent avoir des conséquences très graves - voire mortelles - pour des personnes fragiles. C'est le cas, par exemple, de la grippe pour les personnes âgées ou déjà affaiblies par une autre maladie ou de la rougeole pour les enfants.
La vaccination permet également de se protéger contre des maladies bénignes au moment où elles surviennent, mais qui peuvent avoir de très graves conséquences par la suite. C'est le cas, par exemple, de la rubéole qui peut entraîner des malformations congénitales chez le nouveau-né dont la mère a contracté la maladie durant la grossesse.
Enfin, la vaccination permet de se protéger contre les conséquences possibles de certaines activités (la vaccination et les rappels contre le tétanos pour tous ceux qui jardinent, par exemple) ou protège ceux que leur métier expose particulièrement à certaines maladies (par exemple, l'hépatite B pour le personnel hospitalier).
Se faire vacciner, c'est donc accomplir un double geste en faveur de la santé : se protéger soi-même contre des maladies dangereuses ou qui peuvent avoir de graves conséquences dans certaines circonstances, protéger les autres, en évitant de transmettre à son tour une maladie et en limitant son importance au sein de la population, voire en contribuant à la faire définitivement disparaître.
La vaccination a pour effet de stimuler les défenses immunitaires de l'organisme, c'est-à-dire l'ensemble des processus de défense et de protection vis-à-vis d'un agent extérieur microbien. Ce dernier peut être, selon les cas, une bactérie, un virus, un champignon ou un parasite.
Pour stimuler ainsi les défenses de l'organisme, on injecte une très faible quantité de virus ou de bactéries, vivants ou morts. L'organisme réagit alors en fabriquant des anticorps.
Lorsque, plus tard, la personne vaccinée sera mise en contact avec une véritable infection, les anticorps ainsi produits détruiront les bacilles ou les virus concernés, arrêtant le développement de la maladie. À l'inverse, une personne non vaccinée ne disposera pas des défenses immunitaires lui permettant d'échapper à la maladie.
Il faut distinguer deux types de vaccinations :
Il s'agit aujourd'hui de celles contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (le "DT polio").
Depuis juillet 2007, la vaccination contre la tuberculose par le BCG n'est plus obligatoire, mais reste fortement recommandée dans certaines situations particulières.
Par ailleurs, certaines vaccinations sont obligatoires uniquement pour certaines professions (contre l'hépatite B pour le personnel hospitalier, par exemple).
Sans être obligatoires, elles présentent néanmoins un intérêt certain pour votre santé. Parlez-en avec votre médecin.
l'âge recommandé pour la vaccination
les modalités d'administration du vaccin (en une ou plusieurs injections)
l'existence ou non de rappels pour conserver l'efficacité du vaccin
calendrier vaccinal est élaboré par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France - un organisme regroupant des médecins et des chercheurs - et fait l'objet d'un arrêté du ministre de la Santé. Il est mis régulièrement à jour, en fonction de l'évolution des maladies et des progrès de la médecine.
Le calendrier vaccinal - combiné avec le carnet de santé - permet à chacun de vérifier s'il est bien à jour de ses vaccinations. Si vous avez un doute ou des questions, n'hésitez pas à en parler à votre médecin.
Le calendrier vaccinal donne également aux praticiens toutes les informations nécessaires sur la façon de procéder aux vaccinations.
Le calendrier vaccinal prévoit 10 vaccinations, qui protègent contre 12 maladies (le vaccin ROR couvrant à la fois la rougeole, les oreillons et la rubéole).
Toutes les indications sur la nature de chaque vaccination (obligatoire ou recommandée) et les modalités de son administration (âge, une ou plusieurs injections, existence ou non de rappels) sont données par le calendrier vaccinal.
N'hésitez pas également à parler des vaccinations avec votre médecin. Il saura vous conseiller.
Les vaccinations prévues par le calendrier vaccinal sont les suivantes :
La vaccination contre la diphtérie est obligatoire. Elle se pratique chez le nouveau-né en trois injections à l'âge de 2, 3 et 4 mois, avec des rappels à 16-18 mois, 6 ans, 11-13 ans, 16-18 ans, puis un rappel tous les 10 ans. Elle est généralement combinée avec d'autres vaccins.
Sans être obligatoires, elles présentent néanmoins un intérêt certain pour votre santé. Parlez-en avec votre médecin.
La vaccination contre le tétanos est obligatoire. Elle se pratique chez le nouveau-né en trois injections à l'âge de 2, 3 et 4 mois, avec des rappels à 16-18 mois, 6 ans, 11-13 ans, 16-18 ans, puis un rappel tous les 10 ans. Elle est généralement combinée avec d'autres vaccins.
À savoir :
Afin de prévenir le tétanos, il faut toujours nettoyer et désinfecter chaque plaie, surtout lorsqu'elle est souillée par de la terre, du sable, de la rouille, lorsqu'elle contient un corps étranger, ou lorsqu'elle résulte d'une morsure d'animal (chien notamment) ou d'une brûlure.
Une administration préventive d'immunoglobulines anti-tétaniques et un rappel vaccinal sont impératifs en cas de plaie à risque chez un patient non immunisé. Le vaccin requiert plusieurs jours pour entraîner la production d'anticorps, et ce délai sans protection pourrait suffire pour que la maladie survienne. C'est pour cette raison que le vaccin seul ne suffit pas en cas de plaie souillée et que les immunoglobulines sont nécessaires.
La vaccination contre la poliomyélite est obligatoire. Elle se pratique chez le nouveau-né en trois injections à l'âge de 2, 3 et 4 mois, avec des rappels à 16-18 mois, 6 ans, 11-13 ans, 16-18 ans, puis un rappel tous les 10 ans. Elle est généralement combinée avec d'autres vaccins.
La vaccination des enfants est recommandée dès l'âge de deux mois. Le calendrier vaccinal consiste en trois injections à 2, 3 et 4 mois avec un vaccin coquelucheux associé aux vaccins tétanique, diphtérique, poliomyélite et Haemophilus. Les rappels ont été fixés à 16-18 mois et 11-13 ans. De plus, un rappel est recommandé chez les adultes en contact avec des jeunes nourrissons.
La vaccination contre l'hépatite B est recommandée. Elle peut se pratiquer dès l'âge de 2 mois, avec une seconde injection à 4 mois et une troisième à 16-18 mois. Si la vaccination n'a pas été pratiquée chez le nouveau-né, un rattrapage est recommandé chez les adolescents de 11 à 18 ans ou chez les jeunes adultes.
Le BCG a longtemps été obligatoire, ce qui a permis de faire fortement reculer la maladie en France, même si elle n'a pas disparu.
Cette situation, complétée par différentes expertises scientifiques et éthiques, a conduit le Comité technique des vaccinations et le Conseil Supérieur d'hygiène publique de France à recommander la suspension de l'obligation vaccinale.
Une recommandation forte de vaccination est toutefois maintenue pour les enfants les plus exposés. Un arrêté du ministre de la Santé a confirmé, en juillet 2007, cette suspension de l'obligation vaccinale.
enfant résidant en Île-de-France ou en Guyane
enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse
enfant dont au moins l'un des parents est originaire de l'un de ces pays
enfant devant séjourner au moins un mois d'affilée dans l'un de ces pays
enfant ayant des antécédents familiaux de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs)
enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d'exposition au bacille tuberculeux, notamment enfant vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou dans des conditions socio-économiques défavorables ou précaires ou en contact régulier avec des adultes originaires d'un pays de forte endémie
La vaccination contre la rougeole, associée aux vaccinations contre la rubéole et les oreillons (vaccin ROR), est recommandée chez tous les nourrissons à l'âge de 12 mois. Une seconde dose de vaccin triple associant rougeole, rubéole et oreillons est recommandée au cours de la deuxième année, c'est-à-dire entre 13 et 24 mois.
La vaccination contre les oreillons, associée aux vaccinations contre la rougeole et la rubéole (vaccin ROR), est recommandée chez tous les nourrissons à l'âge de 12 mois. Une seconde dose de vaccin triple associant rougeole, rubéole et oreillons est recommandée au cours de la deuxième année, c'est-à-dire entre 13 et 24 mois.
Deux doses de vaccin contre la rubéole sont recommandées aux enfants des deux sexes, en association avec les vaccins contre la rougeole et contre les oreillons (vaccin ROR).
Le calendrier vaccinal français inclut également un rattrapage pour les jeunes filles et les femmes en âge de procréer. La vaccination contre la rubéole est recommandée pour les jeunes femmes non vaccinées, sans sérologie préalable, par exemple lors d'une visite chez le gynécoloque.
La vaccination systématique des enfants contre Haemophilus influenzae de type b est aujourd'hui recommandée chez le nourrisson dans la plupart des pays développés et le protège des infections dues à cette bactérie. La vaccination se fait en trois injections, respectivement à 2, 3 et 4 mois, avec rappel à 18 mois.
La vaccination contre Haemophilus influenzae
La vaccination est recommandée pour les nourrissons de moins de 2 ans. Le vaccin disponible est un vaccin dit conjugué et contenant 7 sérotypes. Ces sérotypes représentent 80% des infections invasives chez les jeunes enfants. Il a montré une efficacité clinique de plus de 95% chez des enfants ayant reçu les 3 doses nécessaires à la primo-vaccination.
La politique vaccinale vise à protéger les personnes pour lesquelles la maladie représente un danger. Le vaccin grippal est donc fortement recommandé aux :
personnes âgées de 65 ans et plus
personnes atteintes d'une des pathologies suivantes : affections broncho-pulmonaires chroniques, dont asthme, dysplasie broncho-pulmonaire et mucoviscidose, cardiopathies congénitales mal tolérées, insuffisances cardiaques graves et valvulopathies graves, néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques purs et primitifs, drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalassodrépanocytose, diabètes insulinodépendant ou non insulinodépendant ne pouvant être équilibrés par le seul régime, déficits immunitaires cellulaires (chez les personnes atteintes par le VIH, l'indication doit être faite par l'équipe qui suit le patient)
personnes séjournant dans un établissement de santé de moyen ou long séjour, quel que soit leur âge
enfants et adolescents (de 6 mois à 18 ans) dont l'état de santé nécessite un traitement prolongé par l'acide acétylsalicylique (essentiellement pour syndrome de Kawasaki compliqué et arthrite chronique juvénile)
Pour tous les voyageurs, quelle que soit la destination :
Mise à jour des vaccinations incluses dans le calendrier vaccinal avec notamment tétanos, poliomyélite, diphtérie (à dose réduite d'anatoxine diphtérique) et coqueluche, rougeole éventuellement.
Mise à jour des vaccinations incluses dans le calendrier vaccinal français, mais plus précocement pour :
la vaccination contre la rougeole (à partir de 9 mois, suivie d'une revaccination six mois plus tard en association avec les oreillons et la rubéole)
la vaccination contre l'hépatite B (dès la naissance si le risque est élevé)
le BCG (dès la naissance si l'enfant doit séjourner au moins un mois d'affilée dans un pays de forte endémie tuberculeuse)
Indispensable pour tout séjour dans une zone endémique intertropicale d'Afrique ou d'Amérique du Sud, même en l'absence d'obligation administrative.
Séjour en zone à risque et en saison de transmission du Pakistan à l'Ouest, aux Philippines à l'Est. Vaccin disponible uniquement dans les centres agréés de vaccination.
Séjour en zone rurale (ou randonnée en forêt) en Europe centrale, orientale et du Nord, au printemps ou en été. Trois injections (les 2e et 3e injections entre un et trois mois après la première), puis premier rappel dans les trois ans suivant la 3e dose.
Infections invasives à méningocoque : l'actualité des épidémies d'infections invasives à méningocoque est consultable sur le site Internet de l'OMS.
pour tout type de séjour dans un pays où l'hygiène est précaire, et particulièrement chez le voyageur porteur d'une maladie chronique du foie.
en dehors des recommandations du calendrier vaccinal (enfants, professions de santé et/ou conduites à risque), cette vaccination est recommandée pour des séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte prévalence (cf. calendrier vaccinal). Deux injections espacées d'un mois, rappel unique 6 mois plus tard. En cas de départ rapide, il existe un protocole accéléré. Il existe aussi une présentation enfant.
séjours prolongés ou dans de mauvaises conditions dans des pays où l'hygiène est précaire. Une injection 15 jours avant le départ, pour une durée de protection de trois ans. Enfants : à partir de 2 ans.
Séjour prolongé ou aventureux et en situation d'isolement dans un pays à haut risque (surtout en Asie et notamment en Inde). Recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l'âge de la marche. Trois injections à J0, J7, J21 ou J28 et rappel un an plus tard, pour une durée de protection de cinq ans.
La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en oeuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée.
vaccination en fonction de la destination et de la saison. Pour tous les adultes et enfants (à partir de 6 mois) faisant l'objet d'une recommandation dans le calendrier vaccinal français, participant à un voyage notamment en groupe ou en bateau de croisière, pour le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions, ainsi que le personnel du secteur des voyages (guides) accompagnant les groupes de voyageurs.
le vaccin anti-cholérique administré par voie buccale est actuellement indisponible en France. Sa prescription n'est d'ailleurs pas justifiée habituellement pour les voyageurs chez lesquels le respect des mesures d'hygiène (hygiène alimentaire, lavage des mains) reste la meilleure des préventions. Seuls les personnels de santé allant travailler auprès de patients ou dans des camps de réfugiés en période d'épidémie pourraient en bénéficier. Administration : deux doses à une semaine d'intervalle. Enfants de 2 à 6 ans : trois doses
Neuf Français sur dix ont une opinion "très favorable" ou "plutôt favorable" de la vaccination. (Source : Baromètre santé 2005). Mais nombre d'entre eux expriment des réserves, voire des doutes, sur l'efficacité ou la sécurité des vaccins (surtout parmi les personnes âgées, alors que 92% des moins de 45 ans sont favorables à la vaccination).
Voici donc quelques questions-réponses pour y voir plus clair :
Les vaccins sont-ils vraiment efficaces ?
OUI. Les vaccins permettent de prévenir de nombreuses maladies infectieuses. La plupart des vaccins offrent un taux de protection supérieur à 90%.
Tous les vaccins présentent des risques, pourquoi les faire courir à mon enfant ?
Les vaccins sont les "médicaments" de la prévention et figurent parmi les outils les plus sûrs de la médecine moderne. Les effets secondaires graves sont rares. Les maladies évitées sont en revanche fréquentes et souvent très graves.
Les vaccins affaiblissent-ils notre système immunitaire naturel ?
NON. Au contraire, ils le renforcent afin de protéger les enfants et les adultes contre certaines maladies. On estime que le système immunitaire, grâce à sa "mémoire", peut reconnaître et réagir à des millions de micro-organismes différents en même temps. Les vaccins recommandés aux enfants et aux adultes n'utilisent qu'une toute petite partie de la "mémoire" du système immunitaire.
N'est-il pas dangereux d'administrer aux nourrissons plusieurs vaccins en même temps ?
NON. Cette pratique n'a pas d'effet sur le système immunitaire normal.