
Pour ces formes de cancers, le dépistage améliore le pronostic de guérison, dans des proportions souvent très importantes (par exemple pour le cancer du sein dépisté précocement). Dans la mesure où le dépistage permet un repérage précoce d'une éventuelle tumeur, il autorise aussi la mise en place de traitements moins lourds, avec moins d'effets secondaires. Dans le cadre du plan Cancer, les pouvoirs publics et l'Institut national du cancer (INCa) ont mis en place ou expérimentent plusieurs types de dépistage. Le RSI participe à ces actions de santé publique, au titre de sa politique de prévention.
Près d'une femme sur huit sera confrontée au cours de sa vie à un cancer du sein. Rare avant 35 ans, ce cancer se développe dans les trois quarts des cas après 50 ans. Le dépistage est, avec les traitements, le pivot de la lutte contre le cancer. C'est pourquoi les pouvoirs publics et l'assurance maladie invitent toutes les femmes de 50 à 74 ans à passer, tous les deux ans, une mammographie gratuite de dépistage.
Les pouvoirs publics et l'assurance maladie ont mis sur pied des campagnes organisées de dépistage du cancer du sein. Toutes les femmes de 50 à 74 ans sont invitées, tous les 2 ans à réaliser une mammographie de dépistage. En effet, le dépistage permet de déceler très tôt d'éventuelles anomalies, permettant ainsi de se soigner plus facilement, grâce à des traitements plus légers, et offrant le maximum de chances de guérison. Ainsi, les tumeurs décelées lorsqu'elles sont encore de petite taille (inférieure à 10 mm) guérissent dans la plupart des cas.
Le dépistage du cancer du sein repose sur des critères de qualité rigoureux, qui offrent toutes les garanties possibles : Les radiologues ont reçu une formation spéciale. Les mammographies jugées normales sont systématiquement relues par un second radiologue. Cette seconde lecture peut permettre de déceler une anomalie qui aurait échappé au premier radiologue. Lorsque la mammographie est positive, un bilan diagnostic est immédiatement proposé, comportant notamment la réalisation d'une échographie qui sera prise en charge au taux habituel.
Le dépistage du cancer du sein proposé par l'assurance maladie est entièrement gratuit. Vous n'avez donc aucune avance de frais à effectuer. Aussi, lorsque vous recevez le courrier vous invitant à passer cette mammographie gratuite, prenez le temps de répondre, même si avez le sentiment d'être débordé par vos activités professionnelles ou familiales. Ce geste consacré à votre santé sera forcément utile, que ce soit pour vous rassurer ou pour augmenter de façon significative l'efficacité d'un traitement. Si vous avez moins de 50 ans, faites-vous examiner régulièrement par votre gynécologue ou votre médecin et demandez-lui de vous apprendre la pratique de l'autopalpation des seins.
Avec plus de 36.000 nouveaux cas par an, le cancer colorectal (ou cancer de l'intestin) est le plus fréquent des cancers, hommes et femmes confondus.
Il se développe lentement à partir de petites lésions - appelées des polypes - qui peuvent grossir, saigner et évoluer vers un cancer. La fréquence de ce cancer augmente à partir de 50 ans. Entre 60 et 80% des cancers du côlon se développent sur des tumeurs bénignes précancéreuses : les polypes ou adénomes, qui peuvent être considérés comme des états précancéreux. La fréquence de ces lésions augmente régulièrement avec l'âge. Le risque de cancérisation de ces tumeurs dépend surtout de leur taille et de leur ancienneté. L'ablation d'un polype suffit à supprimer ce risque. Rares avant 40 ans, les cancers du côlon - comme les polypes - augmentent rapidement de fréquence à partir de la cinquantaine. Entre 40 et 70 ans, la fréquence de ces cancers double tous les dix ans. L'âge moyen du diagnostic est d'environ 70 ans. Certains facteurs de risque ont été identifiés dans l'apparition de ce cancer, comme la consommation de tabac et l'alcool. Il existe aussi des facteurs génétiques : le risque de cancer du côlon est plus élevé lorsqu'un cancer a déjà été diagnostiqué dans la famille proche (parents, fratrie, enfants), surtout si ce cancer est apparu jeune.
Il existe un test simple appelé "Hemoccult". Il consiste à prélever soi-même un peu de selles (matières fécales) et à les mettre en contact avec un réactif. Le test permet de détecter des traces de sang dans les selles. Ces traces indiquent qu'il existe dans le colon ou le rectum des lésions suspectes. Lorsque le test est positif, un gastro-entérologue pratique alors une coloscopie, c'est-à-dire un examen permettant de visualiser l'intérieur de l'intestin. Si cet examen détecte la présence de polypes, le praticien peut alors, au cours de la coloscopie, les retirer avant qu'ils évoluent vers un cancer. Plus l'intervention est précoce, plus le traitement est simple et meilleures sont les chances de guérison.
Les pouvoirs publics et l'assurance maladie ont mis sur pied des campagnes organisées de dépistage du cancer colorectal. Toutes les femmes et les hommes de 50 à 74 ans sont invités, tous les 2 ans, à aller retirer un test chez leur médecin traitant qui leur expliquera son mode d'emploi. Les résultats sont adressés directement au patient ainsi qu'à son médecin traitant. Si le test est négatif, une nouvelle invitation à un test est adressée deux ans après. Le test remis par le médecin traitant est pris en charge à 100%. Si une coloscopie est prescrite, elle sera prise en charge au taux habituel.La campagne de dépistage du cancer colorectal est en cours de généralisation à l'ensemble des départements.
Le cancer du col de l'utérus est, après celui du corps utérin, le second cancer de l'appareil génital féminin. Chaque année, 3.300 nouveaux cas sont découverts et cette forme de cancer provoque 1.000 décès par an en France.
On connaît deux causes à ce cancer :
Les papilloma virus (HPV) qui sont des germes transmissibles par voie sexuelle. Ces germes sont responsables de la grande majorité des tumeurs. La précocité des rapports sexuels, et surtout la multiplicité des partenaires, sont des facteurs favorisants à l'apparition d'un cancer du col. Cette infection virale conduit à l'apparition de tumeurs bénignes, mais aussi de dysplasies, qui sont des lésions précancéreuses. L'homme peut être un porteur sain de cette infection à papilloma virus, c'est-à-dire qu'aucune lésion n'apparaît chez lui, mais qu'il transmet l'infection à la femme lors de rapports sexuels. Il faut donc traiter l'infection chez les deux partenaires. Et, bien entendu, traiter le cancer de la femme lorsqu'il s'est développé.
Le tabagisme est aussi une cause du cancer du col utérin. Un point positif toutefois, qui justifie tout l'intérêt du dépistage : ce cancer est l'un de ceux ayant fait l'objet des plus grandes avancées scientifiques au cours des 20 dernières années.
D'une manière générale, chaque femme devrait consulter une fois par an son gynécologue. Pour le dépistage du cancer du col de l'utérus, il existe un test de dépistage simple, non douloureux et efficace, réalisé en général par le gynécologue : le frottis du col utérin ou frottis cervico-vaginal. Le frottis permet de reconnaître les différents états précurseurs du cancer du col, qui précèdent le cancer de 10 à 15 années. Ce test est recommandé tous les trois ans, lorsque deux frottis pratiqués à un an d'intervalle se sont révélés normaux. On estime que 90% des décès dus au cancer de l'utérus pourraient être évités si chaque femme pratiquait ce dépistage. De plus, ce test est peu coûteux et remboursé par l'assurance maladie. Un dépistage organisé du cancer du col de l'utérus est en cour d'expérimentation dans quatre départements, avec une prise en charge à 100% par le RSI pour les assurés du régime.
Dépistage du cancer du sein
Dépistage du cancer colorectal
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