Le sevrage tabagique

C'est aussi le premier de tous les gestes de prévention. Avec plus de 60.000 décès par an en France, le tabac est en effet la première cause de mortalité évitable.

Pourtant, il est possible de s'arrêter de fumer, grâce aux nombreuses aides mises en place par les pouvoirs publics et les organismes d'assurance maladie. Un arrêt d'autant plus bénéfique que les effets positifs de l'abandon du tabac se font très rapidement sentir.

Un produit impropre à la consommation

Qui aurait l'idée saugrenue d'aller respirer à pleins poumons au-dessus d'une cuve de produits chimiques ? C'est pourtant ce que fait un fumeur plusieurs fois par jour, sans toujours en être bien conscient. Chaque bouffée de cigarette contient en effet environ 4.000 substances, dont plus de 40 sont reconnues cancérigènes par la médecine.
Une cigarette est en réalité un poison et un produit impropre à la consommation. Elle contient du tabac, de la nicotine, du goudron, des agents de saveur et de texture.Une fois allumée, la cigarette devient une véritable usine chimique en miniature. Sa combustion provoque la formation de très nombreuses substances toxiques, qu'on retrouve dans tous les types de cigares et cigarettes, quelles qu'en soient la nature et l'origine. La fumée dégagée par la combustion de la cigarette contient aussi des éléments aussi appétissants que des gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d'azote, acide cyanhydrique, ammoniac) et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).Impossible, bien sûr, de décrire l'ensemble des composants chimiques d'une cigarette.

Voici néanmoins quelques éléments à connaître et à méditer avant de saisir son briquet :

La nicotine

C'est la substance qui entraîne la dépendance. Elle est présente dans les feuilles de tabac et se retrouve sous forme de particules en suspension dans la fumée.
Sous l'effet de la nicotine, la dépendance s'installe dès les premières semaines d'exposition, y compris pour une faible consommation de tabac. La dépendance au tabagisme est double :

  • physique (ce qui provoque le symptôme de manque),

  • psychique (liée aux sensations ressenties et à la force de l'habitude).

 

Outre ses effets psycho-actifs, la nicotine affecte également le système respiratoire et le système cardiovasculaire.

Les goudrons

Ce terme désigne un mélange complexe formé par la combustion du tabac. Ce sont les principaux responsables des cancers liés au tabagisme. Ils regroupent un très grand nombre de substances (notamment des hydrocarbures, comme le benzène), dont la plupart cancérigènes. Ils ont aussi un effet nocif sur les tissus et les muqueuses.

Les irritants

Les irritants sont un mélange d'éléments très divers, qui se révèlent lors de la combustion. Il s'agit entre autres de l'acétone, des phénols et de l'acide cyanhydrique.Ces substances attaquent les muqueuses respiratoires et altèrent la protection des parois alvéolaires des poumons. Elles affectent donc la capacité de respiration. Combinées aux goudrons, elles entraînent l'inflammation des bronches et la toux.

Le monoxyde de carbone

C'est un gaz toxique formé par la combustion incomplète du carbone dans les cigarettes. Le monoxyde de carbone se fixe sur l'hémoglobine des globules rouges à la place de l'oxygène. Il en résulte un moindre taux d'oxygène dans le sang et les organes. Moins bien alimentés, ceux-ci ne peuvent travailler efficacement. Pour contrer cet effet, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, diminuant la capacité à l'effort et augmentant les risques pour le coeur et les vaisseaux.

Les additifs

Ce sont les substances ajoutées au tabac dans la cigarette. Certains additifs, soumis à la combustion de la cigarette, dégagent de nouveaux composants potentiellement dangereux. Dans certaines cigarettes, l'ammoniac est utilisé pour faciliter l'inhalation de la fumée sans provoquer de toux et favoriser l'absorption de la nicotine. Il contribue donc à l'apparition de la dépendance. Différents arômes, comme la vanille, sont utilisés pour adapter le goût de la cigarette aux jeunes et aux fumeurs débutants. Le cacao servirait aussi à dilater les voies respiratoires pour offrir à la fumée un accès plus facile aux poumons. Le génol et le menthol ont des vertus adoucissantes sur les voies respiratoires et masquent l'effet irritant de la fumée. D'autres additifs rendent le courant secondaire de la fumée moins repérable, empêchant les fumeurs passifs de s'en protéger.

Vous avez dit "light" ?

La fumée des cigarettes dites "light" est quasiment identique à celle des cigarettes classiques. L'effet "light" repose essentiellement sur la présence de micropores au niveau du filtre, qui permettent à l'air ambiant de diluer la fumée et de réduire la proportion de goudrons et de nicotine inhalée par le fumeur.
Mais ces effets ne bénéficient réellement qu'aux machines à fumer utilisées pour tester les filtres. En effet, ces machines "fument" à un rythme et une puissance constante. Contrairement à la machine, le fumeur dépendant ne dispose ni de chronomètre ni d'appareil pour mesurer le volume des bouffées qu'il inspire. Par contre, il est à la recherche d'une dose précise de nicotine. Lorsqu'il passe à une cigarette "légère", il a tendance, sans même s'en rendre compte, à prendre des bouffées plus grandes de fumée diluée, et la "light" se transforme en classique. Il ne reste plus que la fausse impression d'une diminution des risques.

Tabac et santé : des risques démultipliés

Le tabagisme actif

Le tabac comporte de nombreux risques ou effets indésirables à court terme :

  • altération du goût, de l'odorat et de l'haleine,

  • altération de la peau et des cheveux,

  • augmentation de la pression artérielle,

  • limitation d'apport d'oxygène au cerveau et aux muscles, ce qui provoque étourdissements et maux de tête.

 

Il comporte également des risques à moyen et long termes, dont les principaux sont les suivants :

Le tabac multiplie les risques de cancers

Le tabac est responsable de 85% des cancers du poumon chez l'homme. Chez les fumeurs, l'importance du risque dépend principalement du nombre d'années d'exposition, mais aussi du nombre de cigarettes fumées et de l'inhalation.
Les fumeurs ont aussi un risque plus grand de développer des cancers de la bouche, du larynx et du pharynx, des reins et de la vessie.
Le tabagisme est la première cause des atteintes de l'appareil respiratoire telles que la bronchite chronique et aggrave l'asthme et la toux. La fumée de cigarette altère directement et constamment la structure et les fonctions des voies respiratoires.

Le tabac augmente le risque de maladies cardio-vasculaires

Le tabagisme durcit les artères, augmente la pression artérielle et le travail cardiaque. Il favorise ainsi les accidents cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que les affections artérielles (phlébite, thrombose...).

Le tabac provoque des risques spécifiques pour les femmes

L'association tabac et pilule accroît considérablement les risques cardiovasculaires, car elle favorise la formation de caillots, abîme la paroi des vaisseaux et les rétrécit. Les cycles hormonaux de la femme sont parfois perturbés par la cigarette : ils sont plus irréguliers et les règles souvent plus douloureuses. Le tabac entraîne une baisse de la fertilité : le délai de fécondation est en général plus long que chez les non-fumeuses. Le tabac, par son action anti-oestrogène, avance l'âge de la ménopause. Par la suite, on constate une augmentation de la décalcification (ostéoporose, fragilité osseuse), avec notamment une incidence accrue des fractures du col du fémur chez la femme âgée.

Le tabagisme passif

Le tabagisme passif est le fait d'inhaler involontairement la fumée dégagée par un ou plusieurs fumeurs. Il a des effets néfastes pour la santé, qui sont fonction de la durée d'exposition à la fumée. Le tabagisme passif augmente le risque de cancer (poumon, larynx, voies aéro-digestives supérieures, pancréas et col de l'utérus) et provoque une détérioration de la fonction respiratoire. Enfin, chez l'enfant exposé au tabac, les risques de bronchites et d'otites récidivantes et chroniques augmentent sensiblement.

60 000 morts par an

En France, le tabac est la première cause de mortalité évitable, avec 60.000 décès chaque année. Au-delà de ce chiffre général - déjà terrible - on observe également certaines évolutions inquiétantes.

Le cancer du poumon se multiplie chez les femmes : les femmes sont à l'heure actuelle moins gravement touchées que les hommes. Il y a chaque année 3.000 décès féminins liés au tabac pour 57.000 décès masculins. Cependant la progression du tabagisme féminin laisse présager une forte augmentation de la mortalité des femmes. On observe déjà que le cancer du poumon chez la femme tue deux fois plus que le cancer du col de l'utérus.

Le tabagisme passif : il s'agit d'un risque réel de mortalité avec, chaque année, plus de 2.500 décès de non-fumeurs liés au tabagisme passif.

 

Le RSI s'engage

Depuis le 1er février 2007, le RSI prend en charge, sous certaines conditions, les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, inhalateur...). Ce remboursement se fait sur la base d'un montant maximal de 50 euros par an et par bénéficiaire.

Pour cela, vous devez disposer d'une prescription médicale (délivrée, par exemple, par votre médecin de famille). Le pharmacien vous délivrera alors les gommes, patches ou comprimés qui auront été prescrits. Vous devrez toutefois faire l'avance de frais, avant d'être remboursé. En revanche, vous n'êtes pas obligé d'acheter le traitement en une seule fois ; vous pouvez l'échelonner si vous le souhaitez.

Sachez aussi que certaines mutuelles ou assurances santé complémentaires peuvent également participer à la prise en charge d'un sevrage tabagique. Renseignez-vous auprès de l'organisme dont vous dépendez
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S'arrêter : oui, mais comment ?

Pour s'arrêter de fumer, il faut se libérer de la dépendance, et là réside toute la difficulté. Dans tous les cas, la décision doit être ferme et réfléchie.

Les consultations de tabacologie

Certaines personnes parviennent à s'arrêter grâce à leur seule volonté. D'autres ont besoin d'un soutien et peuvent se faire aider par leur médecin, leur pharmacien ou un tabacologue.

Il existe en France environ 400 consultations de tabacologie à l'hôpital ou dans des cabinets de médecins spécialisés en tabacologie.

Les substitut nicotiniques

On peut également faire appel aux substituts nicotiniques. Ce sont des médicaments à base de nicotine, vendus en pharmacie sans ordonnance et dont l'efficacité est largement démontrée par les études scientifiques.

Depuis le 1er février 2007, le RSI et les autres régimes d'assurance maladie prennent en charge, sous certaines conditions, les substituts nicotiniques.

Autres approches

Ce sont des thérapies psychologiques, qui aident les personnes désirant s'arrêter, à modifier leur comportement.

Objectif : aider à ne pas "craquer" pour une cigarette, à rompre avec certaines habitudes et à gérer son stress autrement qu'en fumant.

D'autres méthodes existent : acupuncture et auriculothérapie, aromathérapie et phytothérapie, sophrologie, relaxation, yoga...

Parlez-en avec votre médecin et choisissez la méthode qui vous convient le mieux.

Questions - Réponses
  • Quels sont les bénéfices pour la peau ?

    L'arrêt du tabac est bénéfique pour la peau et la beauté en général : le teint s'éclaircit, les rides sont moins marquées, les dents ne jaunissent plus, l'haleine devient plus agréable. Même la voix devient moins rocailleuse, plus claire.

  • Fait-on des économies en arrêtant de fumer ?

    Même en comptant les frais liés au sevrage, l'arrêt du tabac permet de faire des économies substantielles au bout de quelques semaines ou quelques mois.A raison de 5 euros par paquet de cigarettes et d'un paquet par jour, arrêter de fumer vous rapportera plus de 1.800 euros par an...

A retenir

La ligne téléphonique Tabac Info Service (0.825.309.310) soutient les fumeurs dans leur démarche d'arrêt, en mettant à leur disposition des spécialistes du tabac qui les conseillent et leur envoient de l'information.

 

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