
Pourtant, il est possible de s'arrêter de fumer, grâce aux nombreuses aides mises en place par les pouvoirs publics et les organismes d'assurance maladie. Un arrêt d'autant plus bénéfique que les effets positifs de l'abandon du tabac se font très rapidement sentir.
Qui aurait l'idée saugrenue d'aller respirer à pleins poumons au-dessus d'une cuve de produits chimiques ? C'est pourtant ce que fait un fumeur plusieurs fois par jour, sans toujours en être bien conscient. Chaque bouffée de cigarette contient en effet environ 4.000 substances, dont plus de 40 sont reconnues cancérigènes par la médecine.
Une cigarette est en réalité un poison et un produit impropre à la consommation. Elle contient du tabac, de la nicotine, du goudron, des agents de saveur et de texture.Une fois allumée, la cigarette devient une véritable usine chimique en miniature. Sa combustion provoque la formation de très nombreuses substances toxiques, qu'on retrouve dans tous les types de cigares et cigarettes, quelles qu'en soient la nature et l'origine. La fumée dégagée par la combustion de la cigarette contient aussi des éléments aussi appétissants que des gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d'azote, acide cyanhydrique, ammoniac) et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).Impossible, bien sûr, de décrire l'ensemble des composants chimiques d'une cigarette.
Voici néanmoins quelques éléments à connaître et à méditer avant de saisir son briquet :
C'est la substance qui entraîne la dépendance. Elle est présente dans les feuilles de tabac et se retrouve sous forme de particules en suspension dans la fumée.
Sous l'effet de la nicotine, la dépendance s'installe dès les premières semaines d'exposition, y compris pour une faible consommation de tabac. La dépendance au tabagisme est double :
physique (ce qui provoque le symptôme de manque),
psychique (liée aux sensations ressenties et à la force de l'habitude).
Outre ses effets psycho-actifs, la nicotine affecte également le système respiratoire et le système cardiovasculaire.
Ce terme désigne un mélange complexe formé par la combustion du tabac. Ce sont les principaux responsables des cancers liés au tabagisme. Ils regroupent un très grand nombre de substances (notamment des hydrocarbures, comme le benzène), dont la plupart cancérigènes. Ils ont aussi un effet nocif sur les tissus et les muqueuses.
Les irritants sont un mélange d'éléments très divers, qui se révèlent lors de la combustion. Il s'agit entre autres de l'acétone, des phénols et de l'acide cyanhydrique.Ces substances attaquent les muqueuses respiratoires et altèrent la protection des parois alvéolaires des poumons. Elles affectent donc la capacité de respiration. Combinées aux goudrons, elles entraînent l'inflammation des bronches et la toux.
C'est un gaz toxique formé par la combustion incomplète du carbone dans les cigarettes. Le monoxyde de carbone se fixe sur l'hémoglobine des globules rouges à la place de l'oxygène. Il en résulte un moindre taux d'oxygène dans le sang et les organes. Moins bien alimentés, ceux-ci ne peuvent travailler efficacement. Pour contrer cet effet, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, diminuant la capacité à l'effort et augmentant les risques pour le coeur et les vaisseaux.
Ce sont les substances ajoutées au tabac dans la cigarette. Certains additifs, soumis à la combustion de la cigarette, dégagent de nouveaux composants potentiellement dangereux. Dans certaines cigarettes, l'ammoniac est utilisé pour faciliter l'inhalation de la fumée sans provoquer de toux et favoriser l'absorption de la nicotine. Il contribue donc à l'apparition de la dépendance. Différents arômes, comme la vanille, sont utilisés pour adapter le goût de la cigarette aux jeunes et aux fumeurs débutants. Le cacao servirait aussi à dilater les voies respiratoires pour offrir à la fumée un accès plus facile aux poumons. Le génol et le menthol ont des vertus adoucissantes sur les voies respiratoires et masquent l'effet irritant de la fumée. D'autres additifs rendent le courant secondaire de la fumée moins repérable, empêchant les fumeurs passifs de s'en protéger.
La fumée des cigarettes dites "light" est quasiment identique à celle des cigarettes classiques. L'effet "light" repose essentiellement sur la présence de micropores au niveau du filtre, qui permettent à l'air ambiant de diluer la fumée et de réduire la proportion de goudrons et de nicotine inhalée par le fumeur.
Mais ces effets ne bénéficient réellement qu'aux machines à fumer utilisées pour tester les filtres. En effet, ces machines "fument" à un rythme et une puissance constante. Contrairement à la machine, le fumeur dépendant ne dispose ni de chronomètre ni d'appareil pour mesurer le volume des bouffées qu'il inspire. Par contre, il est à la recherche d'une dose précise de nicotine. Lorsqu'il passe à une cigarette "légère", il a tendance, sans même s'en rendre compte, à prendre des bouffées plus grandes de fumée diluée, et la "light" se transforme en classique. Il ne reste plus que la fausse impression d'une diminution des risques.