La sécurité
sociale obligatoire
des indépendants
L'EURL relève de l'impôt sur le revenu..
Elle peut opter pour l'impôt sur les sociétés mais dans ce cas, l'option est irrévocable.
Dans ce cas, il vous est conseillé de comparer le taux moyen d’impôt sur le revenu (IR) auquel vous êtes soumis sur l’ensemble des revenus de votre foyer fiscal avec le taux de l’impôt sur les sociétés (IS) auquel l’entreprise est soumise.
Si le taux moyen d’IR est supérieur au taux de l’IS, vous avez intérêt à choisir l’IS pour favoriser le développement de votre entreprise. Les bénéfices réinvestis ne seront en effet soumis à l’impôt qu’à ce taux. Ce n’est que s’ils sont redistribués au dirigeant (sous forme de rémunération ou de dividendes) qu’ils supportent l’IR au barème progressif à un taux plus élevé. Dans le cas où le taux moyen d’IR est inférieur au taux de l’IS, vous avez intérêt à faire le choix de l’IR.
Le tableau suivant donne les revenus disponibles (avant déductions et abattements fiscaux) à partir desquels s’applique un taux moyen d’IR de 15 % ou de 33,33 %, suivant le nombre de parts correspondant à la situation familiale du contribuable.
Revenu net annuel du foyer fiscal correspondant à un taux moyen d’impôt sur le revenu de : | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
15 % | 33,33 % | 15 % | 33,33 % | 15 % | 33,33 % | |
Nombre de parts | 1 part (célibataire) | 2 parts (couple marié ou partenaires d’un PACS) | 3 parts (couple marié ou partenaires d’un PACS avec 2 enfants) | |||
Revenu net | 36.560 euros | 186.191 euros | 73.120 euros | 372.382 euros | 103.790 euros | 441.142 euros |
En résumé, si le taux moyen d’imposition des revenus du foyer fiscal dépasse le taux d’impôt sur les sociétés, il vous est conseillé de choisir un statut juridique permettant de soumettre l’entreprise au régime fiscal de l’IS pour faire une économie sur la partie des bénéfices réinvestie dans l’entreprise.
Si vous optez pour 'impôt sur le revenu et si l'exploitation dégage des pertes, notamment en début d'activité, vous avez la possibilité de déduire ce déficit sans limitation des revenus du foyer fiscal (salaires du conjoint par exemple). Si les revenus du foyer ne sont pas suffisants pour que la déduction du déficit puisse être réalisés, l'excédent du déficit est reporté successivement sur les revenus du foyer jusqu'à la sixième année inclusivement.
Dans le cas d’une entreprise soumise à l’IS, le déficit dégagé par l’exploitation est reportable et imputable de manière illimitée sur le bénéfice éventuel de la société réalisé au cours des exercices suivants. Ces entreprises peuvent opter pour l’imputation des déficits constatés à la clôture d’un exercice sur les bénéfices réalisés au cours des trois exercices précédents celui où le déficit trouve son origine. Au terme d’un délai de cinq ans décompté à partir de l’exercice d’origine du déficit, la créance non utilisée est remboursée à l’entreprise.
Société soumise | Société soumise à l’impôt sur les sociétés | |||
|---|---|---|---|---|
Catégorie d’imposition des bénéfices de l’entreprise | BNC | BIC |
| |
Déductibilité de la rémunération du dirigeant | Non | Oui | ||
Assujettissement du bénéfice à l’IS | Sans objet |
Oui (1) | ||
Catégorie(s) d’imposition à l’IR
|
Sans objet |
Sans objet | ||
Déduction des cotisations sociales personnelles | Oui | Oui | ||
Déduction des frais professionnels :
|
|
Option entre déduction des frais réels et déduction forfaitaire | ||
Déduction des intérêts des emprunts pour l’acquisition du fonds de commerce ou des parts sociales | Oui |
Non (3) | ||
Majoration de 25 % du bénéfice des exploitants soumis à un régime réel d’imposition qui ne sont pas adhérents à un CGA, à une AA, ou qui ne font pas appel aux services d’un professionnel de la comptabilité autorisé par l’administration fiscale et conventionné avec celle-ci. | Oui | Sans objet | ||
(1) Attention : même en l’absence de bénéfices, l’entreprise est tenue d’acquitter l’impôt forfaitaire annuel des sociétés (IFA), si le chiffre d’affaires annuel majoré des produits financiers excède 15.000.000 euros HT (seuil applicable à l’année 2010).
(2) Attention : le montant imposable des dividendes perçus correspond aux revenus distribués après application (sauf en cas d’option pour l’imposition des dividendes au prélèvement forfaitaire libératoire au taux de 18 %) :
Ces revenus ouvrent également droit à un crédit d’impôt égal à 50 % du montant des revenus distribués, mais plafonné à 115 euros (célibataires, veufs, divorcés) ou 230 euros (couples mariés, partenaires d’un PACS).
(3) Attention : dans le cas de la reprise d’une entreprise, depuis la loi du 1er août 2003 pour l’initiative économique, il est possible de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu égale à 25 % du montant des intérêts des emprunts contractés pour acquérir les parts sociales ou actions d’une société non côtée. L’acquéreur doit conserver les titres jusqu’au 31 décembre de la 5e année suivant l’année d’acquisition et exercer les fonctions de direction de l’entreprise.
Cette réduction d’impôt peut se cumuler avec celle prévue au titre de la souscription au capital de PME, sous réserve de remplir certaines conditions (notamment sur la détention des droits sociaux par des personnes physiques). La souscription en numéraire au capital d’une PME peut permettre de bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 25 % des versements effectués au titre de la souscription.

Certains événements dans la vie de l’entreprise peuvent entraîner une modification de votre régime fiscal (IS ou IR) : une option pour un régime fiscal différent ou le changement de statut juridique. Tel est le cas par exemple lorsqu’une EURL soumise à l’IR opte pour l’IS (changement de régime fiscal).
Il faut savoir que le changement de régime fiscal est assimilé à une cessation d’activité et entraîne l’exigibilité immédiate de l’impôt sur les bénéfices et plus-values éventuelles, avec des atténuations si certaines conditions sont remplies.
Des droits d’enregistrement peuvent également vous être réclamés. Il est vivement conseillé de vous faire assister d’un ou de plusieurs professionnels (avocat, notaire, expert-comptable), notamment dans le cadre d’un changement de statut juridique.
Seuls les résultats d’exploitation de l’exercice en cours deviennent immédiatement imposables, à l’exclusion des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes, si les conditions suivantes sont remplies :
Aucune modification n’est apportée aux valeurs comptables des éléments d’actif à l’occasion de la transformation,
L’imposition des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes acquises à la date de l’opération reste possible dans le cadre du nouveau régime fiscal dont relève l’entreprise.
Le "boni de liquidation", soit les sommes distribuées aux associés qui excèdent le montant de leurs apports, est imposé entre les mains des associés (à l’exception de leur part des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes si les conditions énumérées ci-dessus sont respectées).