Régime fiscal

La SARL relève de l'impôt sur les sociétés. Elle peut opter pour l'impôt sur le revenu pendant les 5 premières années d’exercice, sous certaines conditions.

Deux régimes de taxation à l'impôt sur les sociétés sont applicables

  • Les sociétés réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 7.630.000 € et dont le capital est détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques ou par une société répondant aux mêmes conditions dont le capital est détenu, pour 75 % au moins par des personnes physiques, bénéficient d’une réduction à 15 % du taux de l’impôt sur les sociétés dans la limite de 38.120 € de bénéfices par période de 12 mois, la fraction excédant cette limite étant soumise au taux normal de 33,33 %.

  • Les sociétés ne répondant pas aux conditions posées précédemment sont, quant à elles, assujetties au taux normal de l’impôt sur les sociétés, soit 33,33 %, sur l’intégralité des bénéfices.

Si vous souhaitez réinvestir une partie des bénéfices réalisés

Dans ce cas, il vous est conseillé de comparer le taux moyen d’impôt sur le revenu (IR) auquel vous êtes soumis sur l’ensemble des revenus de votre foyer fiscal avec le taux de l’impôt sur les sociétés (IS) auquel l’entreprise est soumise.

Si le taux moyen d’IR est supérieur au taux de l’IS, vous avez intérêt à choisir l’IS pour favoriser le développement de votre entreprise. Les bénéfices réinvestis ne seront en effet soumis à l’impôt qu’à ce taux. Ce n’est que s’ils sont redistribués au dirigeant (sous forme de rémunération ou de dividendes) qu’ils supportent l’IR au barème progressif à un taux plus élevé. Dans le cas où le taux moyen d’IR est inférieur au taux de l’IS, vous avez intérêt à faire le choix de l’IR.

Le tableau suivant donne les revenus disponibles (avant déductions et abattements fiscaux) à partir desquels s’applique un taux moyen d’IR de 15 % ou de 33,33 %, suivant le nombre de parts correspondant à la situation familiale du contribuable.

Revenu net annuel du foyer fiscal

correspondant à un taux moyen d’impôt sur le revenu de :

15 %

33,33 %

15 %

33,33 %

15 %

33,33 %

Nombre de parts

1 part (célibataire)

2 parts (couple marié ou partenaires d’un PACS)

3 parts (couple marié ou partenaires d’un PACS avec 2 enfants)

Revenu net

36.560 euros

186.191 euros

73.120 euros

372.382 euros

103.790 euros

441.142 euros

En résumé, si le taux moyen d’imposition des revenus du foyer fiscal dépasse le taux d’impôt sur les sociétés, il vous est conseillé de choisir un statut juridique permettant de soumettre l’entreprise au régime fiscal de l’IS pour faire une économie sur la partie des bénéfices réinvestie dans l’entreprise.

Déduction de votre déficit des autres revenus du foyer fiscal

Si vous optez pour l'impôt sur le revenu et si l'exploitation dégage des pertes, notamment en début d'activité, vous avez la possibilité de déduire ce déficit sans limitation des revenus du foyer fiscal (salaires du conjoint par exemple). Si les revenus du foyer ne sont pas suffisants pour que la déduction du déficit puisse être réalisés, l'excédent du déficit est reporté successivement sur les revenus du foyer jusqu'à la sixième année inclusivement.

Dans le cas d’une entreprise soumise à l’IS, le déficit dégagé par l’exploitation est reportable et imputable de manière illimitée sur le bénéfice éventuel de la société réalisé au cours des exercices suivants. Ces entreprises peuvent opter pour l’imputation des déficits constatés à la clôture d’un exercice sur les bénéfices réalisés au cours des trois exercices précédents celui où le déficit trouve son origine. Au terme d’un délai de cinq ans décompté à partir de l’exercice d’origine du déficit, la créance non utilisée est remboursée à l’entreprise.

L'incidence du régime fiscal de l'entreprise sur votre statut fiscal de dirigeant

  • Lorsque l'activité indépendante est exercée sous forme de société soumise à l'IR, l'entreprise et son dirigeant ne font qu'un pour l'impôt. Le bénéfice, qui comprend la rémunération perçue par le chef d'entreprise, est imposé à son nom à l'IR.
  • S’il s’agit d’une société soumise à l’IS, la fiscalité traite séparément la société et le dirigeant :
    • la société paie l’IS sur ses bénéfices après déduction des rémunérations versées au dirigeant ; les bénéfices après IS (les dividendes) sont distribués aux associés
    • le dirigeant est imposé personnellement à l’IR sur l’ensemble de ses revenus, rémunérations et dividendes inclus. (Chiffres applicables aux revenus perçus en 2009)

Société soumise
à l’impôt sur le revenu

Société soumise à l’impôt sur les sociétés

Catégorie d’imposition des bénéfices de l’entreprise

BNC

BIC

 

Déductibilité de la rémunération du dirigeant

Non

Oui
En contrepartie, la rémunération est imposée en tant que telle

Assujettissement du bénéfice à l’IS

Sans objet

 

Oui (1)

Catégorie(s) d’imposition à l’IR
des revenus du dirigeant (application du barème progressif par tranches) :

  • Bénéfice

 

  • Rémunération du dirigeant

 

  • Dividendes (quote-part de bénéfice redistribuée après IS aux associés)

 


Quote-part du BIC ou BNC


Non (la rémunération est comprise dans la quote-part du BIC ou du BNC)

Sans objet

 

 

 

 

Sans objet


Rémunération imposée dans la catégorie des traitements et salaires (TS) Revenus de capitaux mobiliers (RCM) (2)

Déduction des cotisations sociales personnelles

Oui

Oui

Déduction des frais professionnels :

  • Frais professionnels réels

 

  • Déduction forfaitaire de 10 % minimum 415 euros / maximum 13.948 euros


Oui

Non

 

 

Option entre déduction des frais réels et déduction forfaitaire
de 10 %.

Déduction des intérêts des emprunts pour l’acquisition du fonds de commerce ou des parts sociales

Oui

 

NON (3)

Majoration de 25 % du bénéfice des exploitants soumis à un régime réel d’imposition qui ne sont pas adhérents à un CGA, à une AA, ou qui ne font pas appel aux services d’un professionnel de la comptabilité autorisé par l’administration fiscale et conventionné avec celle-ci.

Oui

Sans objet

(1) Attention : même en l’absence de bénéfices, l’entreprise est tenue d’acquitter l’impôt forfaitaire annuel des sociétés (IFA), si le chiffre d’affaires annuel majoré des produits financiers excède 15.000.000 euros HT (seuil applicable à l’année 2010).

(2) Attention : le montant imposable des dividendes perçus correspond aux revenus distribués après application (sauf en cas d’option pour l’imposition des dividendes au prélèvement forfaitaire libératoire au taux de 18 %) :

  • d’un abattement de 40 %, non plafonné, puis,
  • d’un abattement général de 1.525 euros (célibataires, veufs, divorcés) ou de 3.050 euros (couples mariés, partenaires d’un PACS).

Ces revenus ouvrent également droit à un crédit d’impôt égal à 50 % du montant des revenus distribués, mais plafonné à 115 euros (célibataires, veufs, divorcés) ou 230 euros (couples mariés, partenaires d’un PACS).

 (3) Attention : dans le cas de la reprise d’une entreprise, depuis la loi du 1er août 2003 pour l’initiative économique, il est possible de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu égale à 25 % du montant des intérêts des emprunts contractés pour acquérir les parts sociales ou actions d’une société non côtée. L’acquéreur doit conserver les titres jusqu’au 31 décembre de la 5e année suivant l’année d’acquisition et exercer les fonctions de direction de l’entreprise.
Cette réduction d’impôt peut se cumuler avec celle prévue au titre de la souscription au capital de PME, sous réserve de remplir certaines conditions (notamment sur la détention des droits sociaux par des personnes physiques). La souscription en numéraire au capital d’une PME peut permettre de bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 25 % des versements effectués au titre de la souscription.

Les conséquences du changement de statut fiscal

Certains événements dans la vie de l’entreprise peuvent entraîner une modification de votre régime fiscal (IS ou IR) : une option pour un régime fiscal différent ou le changement de statut juridique.

Il faut savoir que le changement de régime fiscal est assimilé à une cessation d’activité et entraîne l’exigibilité immédiate de l’impôt sur les bénéfices et plus-values éventuelles, avec des atténuations si certaines conditions sont remplies.

Des droits d’enregistrement peuvent également vous être réclamés. Il est vivement conseillé de vous faire assister d’un ou de plusieurs professionnels (avocat, notaire, expert-comptable), notamment dans le cadre d’un changement de statut juridique.

Impôts directs

Seuls les résultats d’exploitation de l’exercice en cours deviennent immédiatement imposables, à l’exclusion des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes, si les conditions suivantes sont remplies :

  • Aucune modification n’est apportée aux valeurs comptables des éléments d’actif à l’occasion de la transformation, et

  • L’imposition des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes acquises à la date de l’opération reste possible dans le cadre du nouveau régime fiscal dont relève l’entreprise.

Le "boni de liquidation", soit les sommes distribuées aux associés qui excèdent le montant de leurs apports, est imposé entre les mains des associés (à l’exception de leur part des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes si les conditions énumérées ci-dessus sont respectées).

Droits d'enregistrement

  • Passage de l’impôt sur les sociétés à l’impôt sur le revenu (par exemple dû à la transformation d’une SARL soumise à l’IS en SNC soumise à l’IR) : un droit fixe de 125 € est exigible.
  • Passage de l’impôt sur le revenu à l’impôt sur les sociétés : un droit spécial de mutation de 2,20 % majoré de la taxe additionnelle à 1,20 % est exigible sur certains apports en nature qui ont été faits avant le changement de régime fiscal lorsque ces apports ont pour objet un fonds de commerce, une clientèle, un droit de bail…Ils sont taxables selon le tarif prévu à l’article 719 du CGI. Sous certaines conditions, ce droit spécial peut être remplacé par un  droit fixe de 375 € lorsque la société a un capital inférieur à 225.000 € et 500 € lorsque la société a un capital supérieur ou égal à 225.000 €.